Pourquoi les entrepreneurs africains doivent penser plus grand

Nous avons trouvé une analyse intéressante et très instructive sur l’esprit entrepreneurial en Afrique. Nous avons traduit cet article du Guardian de l’anglais pour vous. Bonne lecture…

 

En 2010, j’ai rencontré, lors d’un évènement, une start-up très intéressante qui avait construit quelque chose d’utile en vue de construire un écosystème capable de connecter entre eux les différents outils de paiement numérique qui se développaient rapidement. Je savais que l’interopérabilité était l’avenir des paiements mobiles. J’ai suivi cette start-up de près et ses promoteurs ont accepté le principe que j’y investisse une somme de 100 000 $. J’ai aussi parlé à des amis qui étaient près à me suivre mais qui avant voulaient de la documentation sur le projet. Je n’ai plus jamais entendu parler des porteurs de cette start-up par la suite. Les start-ups kenyanes (et probablement africaines) ont récemment été secoués par le rapport rédigé par la fondation Bill & Melinda Gates et intitulé « Breaking the Pattern : Getting Digital Financial Services Entrepreneurs to Scale in India and East Africa » et qui disait que 3 entreprises avaient recueilli 72% des 84,7 millions de dollars investis au Kenya. Deux de ces entreprises sont spécialisées dans l’énergie solaire et l’énergie renouvelable. Tendance et nuance Il est vrai que ceux qui investissent dans le secteur technologique suivent une certaine tendance. Le rapport mentionné précédemment indique que 90% des investissements dans des start-ups spécialisés dans la technologie financière en Afrique de l’Est vont aux fondateurs extérieurs au Kenya. Au Nigeria, il y a eu par le passé beaucoup de critiques vis-à-vis du fait que ceux qui bénéficiaient de financements étaient surtout ceux qui avaient étudié à l’étranger et étaient connectés aux bons réseaux. Je pense toutefois qu’il y a une nuance à souligner. En effet, ces expatriés ont compris que pour qu’un projet soit financé il doit faire plus que « résoudre un problème local ». De nombreux projets ont pour seul but la résolution de problèmes locaux et cela n’attire pas les investisseurs qui eux voient beaucoup plus grand. Ils veulent dominer des marchés et pas juste « résoudre des problèmes locaux ». Un entrepreneur est venu à moi avec projet qui avait pour but de fournir de l’énergie solaire au Nigeria. Je savais que le marché potentiel était énorme car j’en parle souvent. Ce marché ne se limitait pas au Nigeria et s’élargissait même jusqu’au Ghana. En tant que potentiel investisseur, ma motivation n’était pas que la « résolution d’un problème local ». Je voyais un marché plus vaste que cela et la possibilité de créer des passerelles avec mes autres activités. En remarquant qu’il y avait d’autres marchés en dehors du Nigeria où l’acquisition de clients serait plus facile, j’ai compris pourquoi la majorité des investissements au Kenya allaient vers les énergies solaire et renouvelable. Les marchés ne recherchent pas des personnes qui résolvent des problèmes locaux, mais à ceux qui leur apportent ce qu’ils attendent. De nombreux observateurs affirment que les investisseurs ont des biais et que des modèles d’affaires malsains commencent à émerger. Le fait est que la plupart des investisseurs ne viennent pas d’Afrique. Ils attendent une vision et une structure de pensée particulières et préfèrent investir dans des projets qu’ils sont en mesure de comprendre. Je pense que ceux qui ont le plus de chances d’obtenir des résultats concluants viennent sur la table de négociation en étant pleinement préparés. Nous avons cessé de suivre la start-up dont je voulais ai parlé au tout début de cet article lorsque nous avons compris que ses promoteurs ne voyaient pas assez grand. J’ai plutôt investi dans une autre entreprise, également spécialisée dans les technologies financières, mais qui voit toute l’Afrique comme un marché potentiel et dont le seul but n’est pas la résolution d’un problème local. Oui, elle a été fondée par un Africain expatrié, mais ses équipes peuvent être comparées à des bulldozers, pas à des tracteurs. Le bulldozer est plus efficace. Ma décision ne portait pas sur un modèle ; Il s’agissait de marchés et de vision.

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