Les réseaux sociaux sont-ils partisans?

La question a été soulevée par le président Américain Donald Trump, dans un tweet publié le 18 août 2017. Publication dans laquelle il reprochait aux réseaux sociaux de faire de la discrimination en censurant la parole des conservateurs américains et de privilégier celle des libéraux.

 

Cette interrogation a soulevé une débat dans la classe politique américaine, dont l’une des péripéties a été l’audition par les élus américains de Jack Dorsey, le fondateur et PDG de Twitter le 5 septembre 2018. Audition pendant laquelle le dirigeant du réseau social a reconnu que 600 000 comptes, parmi lesquels ceux de nombreux Républicains, n’apparaissaient pas dans les résultats de recherche.

 

La recherche divisée sur le sujet

Dans une étude publiée par Pablo Barbera en 2014 intitulée “How Social Media Reduces Mass Political Polarization”, l’auteur tente de battre en brèche la théorie largement répandue de la “chambres d’échos” qui voudrait que les communautés web deviennent des caisses de résonance des idées prédominante, en excluant de facto les idées dissonantes.

 

Ces résultats vont à rebours d’idées défendues par d’autres chercheurs, qui, en étudiant le réseau social Twitter et la façon dont l’information circule au sein des ses communautés, ont finalement avancé que loin d’enrichir le débat d’opinion, les réseaux sociaux nuiraient à ce dernier en favorisant des groupuscules d’opinions similaires et, in fine, nuiraient presque à la démocratie en aboutissant à des opinions hétérogènes et polarisées.

 

Selon une lecture faite de l’étude de Pablo Berbera par le site web Diplomatie Digitale, “une communauté peut être influencée par ses communautés périphériques. Avec le Web social, les internautes sont confrontés à une double exposition : une exposition en quantité, c’est-à-dire le nombre d’informations publiées, et une exposition en qualité, c’est-à-dire que la nature des idées auxquelles les internautes sont exposées varient sensiblement dans leur nature (conservatrice, libérale, socialiste, etc.). Le tout aboutit à des communautés finalement fortes aux centres mais poreuses aux frontières”. En conclusion, les communautés ne seraient pas des sphères hermétiques fermées aux idées nouvelles, différentes.

 

Dans la pratique, ce qu’on peut remarquer est que les principaux réseaux sociaux, Facebook en tête, mais aussi Twitter ou autres Instagram ou LinkedIn, font en ce moment face à la problématique des fausses informations qui sont diffusées par leurs canaux, à la prolifération des discours de haine véhiculées sur leurs plateformes. Les solutions que ces réseaux sociaux y apportent peuvent apparaître comme étant des tentatives des censure si elles laissent le sentiment que les membres de certaines communautés d’idée ou de pensée sont les premières victimes des suspensions ou des fermetures de comptes.

 

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