Initiatives contre les « Fake News »: Quelles solutions pour quels acteurs?

L’expression « Fake News » fait couler beaucoup d’encres ces derniers temps. Désignant des informations inexactes et délibérément truquées,  l’expression peut désigner en français « bobard, boniments, contre-vérité, mensonge, ragot, tromperie, trucage » selon l’Académie française. Désignée comme la cause principale de la manipulation des masses sur Internet, les « fausses nouvelles » y trouvent un terrain de jeu favorable, ouvert et où elles se diffusent rapidement.

Soupçonnées d’avoir joué un rôle important dans la communication politique accompagnant des campagnes électorales, ou d’être utilisées à des fins manipulatoires et d’ingérence, les fausses nouvelles sont l’objet d’une traque des Etats mais aussi d’acteurs non-étatiques.

En France, un projet de loi contre les « Fake News » a été initié pour lutter contre les « Fake News » dont leur rôle présumé peut jouer un rôle important, notamment lors des compétitions politiques.

Dans un tout autre contexte, la Malaisie elle, a adopté une loi sur les « Fake News » jugée liberticide par des organismes comme Amnesty International.

Les acteurs non-étatiques et notamment les organisations de lutte pour la liberté d’expression sont donc plus en faveur d’une autorégulation de l’information en ligne afin d’éviter les potentielles restrictions que l’action Etatique peut apporter.

La labellisation proposée par les associations de la presse en ligne…

Depuis deux années, les associations réunissant les professionnels des médias la REPPRELCI en Côte d’Ivoire ou encore l’APPEL au Sénégal ont proposé la labellisation des sites d’informations de leurs cyberespaces afin d’améliorer les pratiques au sein de leurs presses en ligne.  Ces pays francophones du Sud se saisissent donc déjà de cette problématique afin de lutter contre les dérives.

La certification préconisée par Reporters sans frontières

RSF est aussi en faveur d’une autorégulation des médias. Cette certification sera basée sur les normes de fiabilité qui peuvent avantager les médias qui s’illustrent le plus en termes de bonnes pratiques. Lire l’article d’Ina Global

Le Journalism Trust Initiative (JTI), est donc lancé par RSF en partenariat avec l’Agence France-Presse (AFP), l’Union européenne de radio-télévision (UER) et le Global Editors Network (GEN) pour favoriser la certification des médias en Europe.

Lire aussi l’interview de telerama qui Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Les consultations citoyennes: une alternative pour légitimer et orienter l’action publique…

Conscients des dérives qui peuvent résulter de l’action publique, plusieurs acteurs entrevoient des consultations citoyennes aux niveaux supranational et national, afin de guider leur action contre les « Fake News ». C’est le cas de « Alexander De Croo (VLD), ministre de l’Agenda numérique, qui a lancé une enquête publique en Belgique, via le site stopfakenews.be, pour recueillir les avis des citoyens sur les orientations à suivre dans la lutte contre ce phénomène selon le site d’information Lesoir. Les citoyens choisissent ainsi parmi les propositions, celles qu’ils préfèrent pour lutter contre la désinformation. Si ce modèle de consultation et de Démocratie citoyenne recherché ne garantit par forcément l’application de l’opinion exprimée par la majorité de la population, il a le mérite de légitimer l’action de l’Etat pour lutter contre les « Fake News ». Au niveau européen, une consultation avait également ouverte par la Commission européenne et clôturée le 28 février.

Lire l’article de Lesoir à ce sujet…

C’est donc face à un dilemme que se trouve l’autorité politique. D’une part, les « Fake News » sont soupçonnées de déstabiliser les environnements nationaux et internationaux nécessitant des politiques et des lois pour y remédier. D’autre part, ces lois pourraient constituer des entraves à la liberté d’expression et ses différentes déclinaisons.

Il semble alors que l’action Etatique à l’endroit des « Fake News » ne fasse pas l’unanimité. L’autorégulation prônée par les acteurs, professionnels de l’information et des organisations contre Reporters sans frontières via la labellisation ou la certification peuvent être des alternatives mieux acceptées. Cela s’explique par le fait que ces solutions émaneraient des acteurs eux-mêmes et engageraient leur responsabilité. Ces solutions s’exerceraient sans restriction ou coercition de la part des puissances publiques.

Pour l’heure, ces idées qui germent pour lutter contre les fausses nouvelles sont marquées par l’acuité de ce phénomène. Nous verrons si les politiques et initiatives prises en ce sens impacteront l’environnement des flux informationnels.

 

 

 

One Response - Add Comment

Reply